L'APPRENTISSAGE ET L'ALTERNANCE : LA VOIE DE L'INTEGRATION PROFESSIONNELLE

Depuis juin 2009, plusieurs mesures ont été prises en faveur de l'emploi des jeunes et notamment de l'apprentissage. Des ateliers de l'apprentissage et de l'alternance viennent d'être lancés, début 2010, pour cerner les obstacles qui entravent l'apprentissage. Pour faire le point sur toutes ces actions, Laurent WAUQUIEZ, secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi répond aux questions de la CCI 53.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 - M. le Ministre, lorsque vous évoquez 1 jeune sur 5 en alternance en 2015, cela génère de la quantité.
Comment envisagez vous de développer simultanément l'aspect qualitatif de l'alternance ?

Je souhaite tout d'abord rappeler que l'apprentissage et l'alternance, c'est un choix gagnant pour tout le monde :

  • pour le jeune, c'est l'assurance d'accéder à une formation débouchant sur un diplôme ou une qualification professionnelle reconnue, de percevoir une rémunération et d'acquérir une expérience ; c'est l'accès à un véritable contrat de travail, à une véritable communauté de travail et d'insertion dans l'emploi durable à la sortie.
  • pour l'entreprise, c'est la possibilité de former des salariés directement à ses métiers, de fidéliser les jeunes dans le cadre de sa politique de recrutement et de s'enrichir au niveau du capital humain.

Il nous faut développer cette formation, surtout lorsque l'on sait qu'un jeune a deux fois plus de chances d'être embauché lorsqu'il a fait le choix de l'apprentissage. En France, il nous faut donc franchir un palier supplémentaire, en quantité comme en qualité. C'est à partir de ce constat que l'objectif ambitieux, qu'1 jeune sur 5 soit en formation par alternance à horizon 2015, est crédible.

Il faut que l'apprentissage se développe partout, dans les grandes écoles, dans les universités, dans la fonction publique territoriale et à tous les niveaux de formation jusqu'au niveau ingénieur. L'enjeu est désormais d'élargir l'accès à cette voie d'excellence à tous les jeunes et aux entreprises qui n'ont pas suffisamment d'informations.

Pour y arriver, je souhaite que les réseaux consulaires évoluent davantage encore vers les filières d'excellence et développent les formations de niveau supérieur. Ces filières porteuses d'emplois sont aussi celles qui font appel à l'économie de la connaissance, aux activités de services à la personne, au développement durable. Ces filières doivent être partout promues et être accessibles par l'apprentissage et l'alternance. C'est l'affaire de tous.

 

2 - Comment votre objectif s'inscrit-il dans les politiques des Régions en matière d'apprentissage ?
A titre d'exemple, actuellement seules les Régions octroient les ouvertures de section d'apprentissage
supplémentaire...

L'alternance et notamment l'apprentissage progressent trop faiblement dans notre pays alors même qu'il s'agit historiquement des premières compétences décentralisées aux régions, et que ces prérogatives on été renforcées, avec par exemple, le transfert de la responsabilité du versement des primes aux employeurs d'apprentissage.

Rendez-vous compte : aujourd'hui, 4 régions comptabilisent 40% des apprentis (Ile de France, Rhône-Alpes, PACA, Pays de la Loire) et les métiers de la production continuent de concentrer plus de la moitié des apprentis (61%). L'apprentissage demeure toujours une voie plutôt masculine (70% des apprentis sont des hommes) mais plus le niveau augmente plus le taux de féminisation progresse.

Les Conseils régionaux doivent mieux identifier les investissements à réaliser dans notre appareil de formation en alternance, et les emplois à pourvoir en étroite relation avec l'Etat et les partenaires sociaux notamment dans les métiers porteurs et dans le secteur interprofessionnel.

Aujourd'hui, près de 600 000 jeunes sont en alternance. Il faut atteindre des niveaux de l'ordre de 800 000 à 1 000 000 de jeunes, soit 1 sur 5 en alternance d'ici 2015.

 

3 - Si une entreprise tient compte de l'investissement de la formation en alternance, de la valorisation du temps du
tuteur, du temps de présence réduit de l'alternance en entreprise, un jeune titulaire d'une formation initiale
embauché à temps plein au SMIC sur une même période coûte moins cher.
Comment inciter les entreprises à privilégier et à s'engager davantage dans l'alternance ?

Cette question centrale est abordée par l'un des trois ateliers de l'apprentissage et de l'alternance que j'ai lancés début 2010. Ces ateliers, ce sont les think tanks de l'apprentissage. Leur mission, c'est de formuler des propositions opérationnelles et d'apporter des réponses concrètes.

Sans dévoiler les propositions des groupes, il est clair que la simplification administrative sera au menu. Pour inciter les entreprises, en 2010, il faut poursuivre les efforts de promotion des mesures telles que le dispositif "zéro charges" et les primes au recrutement, mais aussi faciliter le montage des contrats en alternance, notamment par la recherche d'une offre de formation adaptée aux besoins en qualification des entreprises visitées. Ces objectifs font partie intégrante de la mission confiée aux développeurs de l'apprentissage et de l'alternance que nous avons mis en place avec les réseaux consulaires sur le terrain.

Enfin, pour développer l'apprentissage et l'alternance, notre devoir maintenant est de bousculer des systèmes de pensée qui ont la vie longue, notamment en convainquant les jeunes et les familles que cette formation est la solution : que l'on souhaite être artisan, chef d'entreprise, maçon, ingénieur en génie civil ou travailler dans les ressources humaines, l'alternance, c'est l'assurance de pouvoir être rapidement en contact avec la réalité de ces professions.

 

 

 

 

 

 

 

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